Succession9 min2 mai 2026

Documents nécessaires pour une succession (Fridha) en Algérie

Liste complète des documents requis pour une succession ou fridha en Algérie : actes d'état civil, documents immobiliers, délais et procédure chez le notaire.

La fridha (الفريضة) désigne, en droit algérien, l'acte notarié qui établit la dévolution successorale d'une personne décédée — c'est-à-dire la liste des héritiers, leurs liens avec le défunt et la part théorique qui revient à chacun selon les règles du Code de la famille. C'est un document fondamental : sans fridha, aucune banque, conservation foncière ou administration n'acceptera de débloquer un avoir ou de transférer un titre de propriété au nom des héritiers.

Les règles successorales sont fixées par le Code de la famille (Loi n° 84-11 du 9 juin 1984), articles 126 à 188. Elles s'inspirent du droit musulman classique (fiqh) et déterminent les parts de chaque catégorie d'héritier (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs, etc.). Le notaire ne décide pas qui hérite : il constate, sur la base des documents qui lui sont remis, ce que la loi attribue à chacun.

1. Documents d'état civil requis

L'état civil est le socle de la fridha. Tous les documents doivent être récents (généralement de moins de trois mois) et obtenus auprès des communes compétentes :

  • Acte de décès du défunt — délivré par la commune du lieu du décès. Original obligatoire, copies certifiées conformes pour le dossier.
  • Acte de naissance n° 12 du défunt — version intégrale incluant les mentions marginales (mariage, divorce, reconnaissance d'enfants).
  • Acte de naissance de chaque héritier (conjoint survivant, enfants, parents si vivants, etc.) — version intégrale n° 12.
  • Livret de famille du défunt — pièce centrale pour établir la composition familiale.
  • Acte de mariage du défunt si applicable, pour établir les droits du conjoint survivant.
  • Pièces d'identité de tous les héritiers — carte nationale d'identité ou passeport.

Si l'un des héritiers est lui-même décédé entre la date du décès du de cujus et l'établissement de la fridha, son propre acte de décès doit également être fourni, ainsi que les documents de ses propres héritiers (mécanisme dit de la représentation).

2. Documents immobiliers

Lorsque la succession comporte des biens immobiliers, le notaire doit établir leur consistance précise pour pouvoir, dans un second temps, opérer le partage ou l'attestation de transmission par décès :

  • Titres de propriété de chaque bien (livret foncier, acte d'acquisition, acte de donation antérieur).
  • Certificats de propriété récents délivrés par la conservation foncière compétente.
  • Plans cadastraux ou extraits du plan parcellaire.
  • Quittances d'impôts fonciers à jour, pour vérifier qu'aucune dette fiscale ne grève les biens.

3. Documents bancaires et financiers

Les actifs financiers du défunt entrent dans la masse successorale et doivent être déclarés :

  • Relevés bancaires du défunt à la date du décès, pour tous les comptes ouverts en Algérie et à l'étranger.
  • Attestations de soldes délivrées par chaque banque.
  • Titres de placement (compte titres, bons de caisse, parts sociales).
  • Contrats d'assurance-vie et clauses bénéficiaires.
  • Inventaire des dettes du défunt, qui doivent être réglées avant tout partage.

4. La procédure chez le notaire étape par étape

L'établissement d'une fridha en Algérie suit en pratique cinq étapes :

  1. Premier rendez-vous. Le notaire reçoit la famille, expose les règles, dresse la liste des documents à réunir et vérifie qui sont les héritiers présomptifs.
  2. Constitution du dossier. Les héritiers réunissent les pièces d'état civil et immobilières. Cette phase peut prendre plusieurs semaines selon la disponibilité des actes.
  3. Audition des héritiers et témoins. Conformément à la pratique algérienne, deux témoins majeurs (souvent désignés chouhoud) viennent attester de la composition familiale et de l'absence d'autres héritiers.
  4. Rédaction et signature de la fridha. Le notaire rédige l'acte, le lit aux comparants, et le fait signer.
  5. Enregistrement et délivrance des copies. L'acte est enregistré aux services fiscaux puis des copies authentiques sont remises aux héritiers pour les démarches bancaires et foncières.

5. Délais légaux à respecter

Aucun délai n'est imposé par la loi pour établir la fridha elle-même, mais plusieurs échéances fiscales courent à compter du décès :

  • Six mois pour déposer la déclaration de succession aux impôts (un an si le défunt est décédé hors d'Algérie).
  • Un an pour acquitter les droits de mutation par décès, le cas échéant.
  • Pas de délai impératif pour le partage, mais l'indivision prolongée crée souvent des conflits entre héritiers.

6. Honoraires du notaire pour une fridha

Les honoraires sont fixés par le paragraphe 43 de l'annexe du Décret 08-243 : il s'agit d'une taxe fixe de 3 000 DA pour une fridha simple. Pour une fridha complexe (plusieurs décès en chaîne, héritiers à l'étranger, biens à l'inventaire long), le notaire peut appliquer 3 000 DA pour le premier décès et 1 000 DA par décès supplémentaire, conformément au paragraphe 61 du décret.

À ces honoraires s'ajoutent les droits d'enregistrement et, si la succession contient des biens immobiliers, la taxe de publicité foncière le jour du transfert effectif aux noms des héritiers.

Conclusion

Préparer une fridha demande de la rigueur et beaucoup de paperasse — mais avec une checklist complète, le dossier peut être bouclé en quelques semaines. La complexité tient surtout à la reconstitution exhaustive de la situation familiale et patrimoniale du défunt. Pour suivre point par point les documents requis selon le type de succession, Kateb propose une checklist intégrée par type d'acte qui s'adapte automatiquement au dossier, ainsi qu'un calcul instantané des honoraires applicables.

Kateb calcule vos honoraires, génère vos checklists et rédige vos actes en arabe. Essayez gratuitement.